Tang Zhongshan (唐忠珊) No access
Une conférence de presse à laquelle le Musée Rodin n’aurait pas dû être absent
Les amateurs de Rodin et de Camille se souviennent peut-être qu’en 1993, cette œuvre avait été exposée à Taipei puis à Kaohsiung sous le titre « La pudeur ». À l’époque, elle était considérée comme une sculpture réalisée conjointement par Rodin et Camille Claudel.
Malgré cela, le propriétaire de l’œuvre conservait des doutes et souhaitait obtenir des preuves plus solides afin d’élucider ce mystère. Il y a donc plusieurs années, il a confié des recherches complémentaires à un expert en œuvres d’art nommé par la plus haute cour de justice française. (En France, les tribunaux locaux comme la Cour de cassation peuvent désigner des experts artistiques afin d’aider à rendre des jugements corrects dans les affaires concernées. Dans toute la France, seuls deux experts sont nommés par la plus haute juridiction.)
Personne n’aurait imaginé que ces recherches allaient durer près d’un quart de siècle. Ceux qui connaissent le travail d’authentification savent que certaines expertises d’œuvres d’art ressemblent à un roman policier : on sait quand l’enquête commence, mais jamais quand elle se terminera, ni quel en sera le résultat.
Le matin du 27 octobre, journalistes, experts et amateurs d’art se sont réunis pour découvrir quelles preuves permettaient à l’expert renommé Gilles Perrault d’affirmer avec assurance que cette œuvre avait bien été réalisée par Rodin, et d’en changer le titre, avec l’accord du propriétaire, pour « Camille ».
Après tout, devenir un expert reconnu, capable d’aider à plusieurs reprises le gouvernement français et le Musée Rodin à authentifier des œuvres, ne se fait pas du jour au lendemain. Si les preuves présentées lors de cette conférence s’étaient révélées insuffisantes, non seulement la réputation construite au fil des années aurait été détruite, mais l’aura de cette œuvre se serait immédiatement dissipée. Les enjeux étaient donc considérables.
Toutes les personnes présentes voulaient également connaître la position du Musée Rodin, héritier légal et gardien de l’œuvre de Rodin. Malheureusement, le musée n’a envoyé aucun représentant, laissant de nombreuses questions sans réponse.
Durant cette conférence d’environ une heure, Gilles Perrault a expliqué en détail pourquoi il était convaincu qu’il s’agissait d’une sculpture de Camille réalisée par Rodin.
Depuis sa découverte en 1987 — alors qu’il ne s’agissait encore que d’une petite sculpture en alliage de plomb et d’étain, entièrement noircie mais déjà remarquable — jusqu’à sa réinterprétation comme une œuvre créée par le maître sculpteur dans un certain état d’esprit, l’écart est immense et difficile à imaginer.
L’expertise ne s’est pas limitée à l’étude des documents historiques pouvant être liés à l’œuvre. Certaines lettres privées de Rodin, rendues publiques récemment, laissent également supposer les promesses et les regrets que le maître éprouvait envers sa jeune élève. Cela constitue l’une des raisons ayant conduit l’expert à associer cette sculpture à Camille.
Mais les éléments les plus importants reposent sur de nombreuses « preuves visuelles ». Lors de la conférence, de nombreux détails de l’œuvre ont été mis en avant, accompagnés d’un grand nombre de photographies comparatives. Ces comparaisons incluaient des dessins et sculptures de Rodin. Grâce à elles, chacun pouvait clairement constater les similitudes entre cette œuvre intitulée « Camille » et d’autres créations de Rodin.
En raison de la qualité d’exécution de la sculpture, des matériaux de moulage utilisés et de l’ensemble des preuves comparatives, les participants se sont laissés convaincre par plus de vingt années de recherches.
Bien entendu, tous espéraient également que, si le Musée Rodin était en désaccord, il puisse présenter des arguments solides afin de convaincre le public et répondre directement aux interrogations concernant cette expertise, plutôt que de clore rapidement un débat historique digne d’intérêt par une simple phrase :
« Rodin n’a laissé aucun document écrit concernant la réalisation de cette œuvre. »
喜愛羅丹與卡蜜兒的朋友應該 還記得,1993年曾經在台北跟高 雄展出過這件作品,當時的名稱 是〈卑微〉,並且被認為應該是 羅丹跟卡蜜兒兩人共同合作的一 件雕塑。儘管如此,作品的擁有 者一直心存疑慮,並且也希望找 到更有利的證據來解開這個謎 團。因此在多年前就委託法國最 高法院認命的藝術品鑑定家(法 國的地方法院跟最高法院都有任 命藝術品鑑定的權力,以協助他 們在相關的司法事件中有正確的 審判。全法國的最高法院只有2 名被任命的藝術鑑定家。)繼續 從事相關的研究工作,只是誰也 沒有料想到,這前前後後加起來 心境下的作品,這之間的差距自 然是難以想像。鑑定除了敘述文 獻上可能有關聯的紀錄外,另外 一些最近才公布的羅丹私人書信 內容,也更讓人臆測到大師內心 對這位年輕女弟子的允諾與虧 欠。這是讓鑑定聯想到這件作品 原因之一。但更重要的是許多視 覺上的「證據」。記者會上指出 了許多這件作品的細節,也提供 了非常多的照片來比對。這些比 對的照片有羅丹的素描與雕塑, 透過這些照片,所有的人都可以 很清楚地看到此件〈卡蜜兒〉與 羅丹其它作品之間的相似之處。 從作品的製作品質、翻製材 料,以及各方面的比對「證 據」,與會者都被這廿多年來的 研究所說服。當然所有的人都更 希望羅丹美術館若是持反對的意 見,能夠提出強而有力的理由說 服大家,並且面對面地回答所有 鑑定上的疑問,而不是很簡單地 用一句:「羅丹沒有留下任何製 作這件作品的文字紀錄。」來替 一個值得探討的歷史問題匆忙收 尾。 的研究時間竟然也快要四分之一 個世紀!熟悉鑑定工作的人都知 道,某些藝術品的鑑定就像是一 部正在撰寫的偵探小說,知道何 時開始,卻不知道何時結束,更 沒有人可以預知它的結果。 10月27日上午,記者、鑑定與 一些藝術愛好者齊聚一堂,因為 大家想要知道,知名的藝術品鑑 定家柏羅(Gilles Perrault)究竟有 哪些證據的支持,敢讓他大聲地 說這件作品是由羅丹所製作的, 而且經過擁有者的同意,把作品 的名稱改為〈卡蜜兒〉。畢竟能 夠屢次協助法國政府及羅丹美術 館辨別作品真偽,並成為有公信 力的著名鑑定家並不是一朝一夕 就可以辦到的。要是這個記者會 上所提出的證據不足,不僅多年 來努力建立的名聲毀於一旦,這 件作品的光環也將會立即消失⋯ ⋯,所下的賭注不可謂不大!而 所有與會的人更想知道羅丹美術 館對這件事情的看法,畢竟它們 是羅丹藝術品的法定繼承人與保 護著。可惜羅丹美術館沒有派人 出席,也讓許多問題無法獲得解 答。 為時約一個鐘頭的記者會中, 柏羅很詳細地解釋為何他堅信這 是羅丹所製作的卡蜜兒的雕像。 從1987年被發現時渾身黝黑,算 是一尊還不錯的鉛、錫合金小雕 像,到被認為是雕塑大師在某種